Le Bénin s'est officiellement projeté vers l'horizon 2060. Le président Patrice Talon a lancé, mardi 3 février 2026 à Cotonou, la Vision Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs, un document stratégique appelé à guider l'action publique sur les 35 prochaines années.
Vision Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs a été lancée lors d'une cérémonie tenue en présence de la vice-présidente de la République Mariam Chabi Talata, de l'ancien président Nicéphore Soglo, du corps diplomatique, de partenaires techniques et financiers, de représentants du secteur privé, d'agences du système des Nations unies, ainsi que de membres du gouvernement et d'institutions de la République.
Ouvrant la rencontre, le ministre d'État Abdoulaye Bio Tchané a salué une mobilisation « hautement significative ». « Votre présence traduit l'importance que la nation tout entière attache à cet élément historique », a-t-il déclaré. Selon lui, le Bénin franchit « une étape décisive » en affirmant sa volonté de bâtir « un développement affranchi de l'improvisation ». « Le développement ne se décrète pas, il se prépare, il s'organise, il se projette », a insisté le ministre d'État, soulignant que la Vision 2060 constitue « le point de départ d'un long chemin » menant au centenaire de l'indépendance du pays. « En 2060, le Bénin aura 100 ans », a-t-il rappelé.
La Coordonnatrice résidente du système des Nations unies, Aminatou Sar, a exprimé « une profonde admiration pour l'audace et la portée de la Vision ». Elle a salué « un choix rare et courageux », fruit « d'une impulsion politique au plus haut niveau ». « C'est le choix de ne pas être prisonnier de l'urgence », a-t-elle déclaré, évoquant « une discipline collective et une responsabilité morale ».
Une vision encadrée par la loi et tournée vers le long terme
Présentant le contenu du document, le professeur Alastaire Séna Alinsato, président du comité technique de pilotage, a expliqué que la Vision repose sur « neuf (09) orientations stratégiques » et quatre (04) piliers : la paix, la bonne gouvernance, la prospérité et le rayonnement.
Elle s'appuie sur « une croissance économique soutenue », un niveau élevé d'investissement et « une transformation structurelle profonde de l'économie ».
La Vision est également adossée à un cadre légal contraignant.
Elle est instituée par la loi n°2025-16 du 16 juillet 2025 et prévoit des mécanismes stricts de suivi, d'évaluation et de redevabilité, avec transmission régulière des rapports au Parlement.
Patrice Talon a insisté sur la nécessité de rompre avec l'improvisation. « Bâtir un pays nécessite un travail rigoureux, assidu et persévérant. (...) Cela ne s'accomode ni de précipitation ni de facilité », a déclaré le président de la République.
Le chef de l'État a rappelé les réformes engagées depuis 2016. « Nous avons eu raison d'épouser la rigueur et le sérieux au travail, puisque les avancées sont visibles, tangibles et vécues », a-t-il affirmé. « Elles se lisent dans la dignité retrouvée, dans l'espoir qui renaît ». Mais, a-t-il ajouté, « gouverner, ce n'est pas seulement transformer le présent ». « C'est aussi et surtout préparer l'avenir ».
Pour Patrice Talon, l'adoption de la Vision 2060 traduit « un choix responsable ». « Celui de penser au-delà de l'urgence, de planifier au-delà des mandats et d'inscrire l'action publique dans le temps long », a-t-il dit. « Cette Vision n'est pas un simple document. Elle est un serment, un engagement, un cap », a poursuivi le président. Elle doit devenir « notre boussole commune ».
Le chef de l'Etat a enfin lancé un appel à l'ensemble des acteurs. « Le développement n'est jamais l'œuvre d'un homme », a-t-il conclu, invitant institutions, collectivités, entreprises et citoyens à prendre leur part de ce grand chantier.
Marc MENSAH
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Ce mardi 3 février 2026, le procès de la tiktokeuse Kingbo Florence, poursuivie par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour quatre chefs d'accusation, s'est ouvert dans une ambiance tendue au sein de cette juridiction spéciale.
La jeune femme de 21 ans, connue pour sa vidéo virale sur les réseaux sociaux, est jugée pour : « harcèlement par le biais d'un système électronique, d'atteinte à la vie privée, d'incitation à la haine et à la violence, et d'incitation à la rébellion ».
Convoquée à la barre, la tiktokeuse Kingbo Florence s'est présentée devant le juge en mâchant ostensiblement un chewing-gum. Ce comportement n'a pas manqué d'interpeller le ministère public. Interrogée par ce la cinquième substitut du procureur spécial près la CRIET sur la raison de cette attitude, la prévenue a répondu de manière très insolente en demandant « depuis quand il est interdit de manger », rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Peu après, lors de la phase d'inculpation, lorsqu'on lui a demandé quelle langue elle parlait, Kingbo Florence a de nouveau répondu sur un ton provocateur. Cette réponse a provoqué la colère de la présidente de céans qui a demandé à son avocat Me Aboubacar Baparapé de calmer sa cliente.
Interrogée sur les faits mis à sa charge par le parquet spécial, la tiktokeuse Kingbo Florence a plaidé coupable des faits et a même adopté une posture très hautaine. « Oui, je reconnais les faits. Depuis l'arrivée de Patrice Talon, ceux qui insultent Boni Yayi ne sont pas poursuivis, mais ceux qui s'en prennent à Talon le sont », a-t-elle lâché.
Sur le fond, son conseil, Me Aboubacar Baparapé a plaidé l'irresponsabilité pénale de la prévenue au motif qu'elle est folle. Mais Florence Kingbo a rétorqué qu'elle n'était pas folle et que les personnes folles se baladent nues et que ce n'est pas son cas.
Après les observations du ministère public qui a sollicité un renvoi pour ses réquisitions, la défense a demandé que Kingbo Florence bénéficie au moins d'une mise en liberté provisoire « pour se protéger d'elle-même en prison ». À cette demande, le ministère public a requis un rejet. La Cour a finalement renvoyé l'affaire au mardi 24 mars 2026 pour la réquisition du ministère public et sur le délibéré de remise en liberté provisoire.
À l'annonce de cette date, Kingbo Florence s'est une nouvelle fois emportée. Elle a déclaré devant le juge que « le dossier peut être même renvoyé en 2030 » et qu'elle se sentait « trop à l'aise en prison » où elle mangeait « 7 fois par jour » Face à ses déclarations, la juge a alors ordonné son évacuation de la salle d'audience.
Dans ce dossier, Kingbo Florence avait été placée sous mandat de dépôt le 18 décembre 2025 après avoir défié le président Patrice Talon dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, l'accusant notamment d'être un « tyran » et s'en prenant également à la Première Dame Claudine Talon et à leur fils.